{"id":106,"date":"2024-05-22T14:21:32","date_gmt":"2024-05-22T14:21:32","guid":{"rendered":"https:\/\/figeac-en-quercy.fr\/?page_id=106"},"modified":"2024-05-22T14:21:32","modified_gmt":"2024-05-22T14:21:32","slug":"le-duel","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/figeac.net\/?page_id=106","title":{"rendered":"LE DUEL"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-larger-font-size\">\u00c7a c&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 Figeac<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"759\" src=\"https:\/\/figeac-en-quercy.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/34_GravureFig-1024x759.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-108\" srcset=\"https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/34_GravureFig-1024x759.jpg 1024w, https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/34_GravureFig-300x222.jpg 300w, https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/34_GravureFig-768x569.jpg 768w, https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/34_GravureFig.jpg 1039w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00c0 Figeac, au temps jadis.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>Extrait de l&rsquo;ouvrage \u00ab Les Chroniques du Quercy \u00bb de Guy Chassagnard :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>LE CINQUI\u00c8ME\u2008JOUR de novembre 1726, vers quatre heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, fut trouv\u00e9 dans le lit du C\u00e9l\u00e9 Fran\u00e7ois Germain, natif de Villeneuve en Rouergue, servant en qualit\u00e9 de volontaire dans le r\u00e9giment de cavalerie de Montrevel.\u2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Relev\u00e9 bless\u00e9 \u00e0 la poitrine, son \u00e9p\u00e9e hors du fourreau, le malheureux jeune hom\u00adme fut transport\u00e9 sur une charrette jusqu\u2019\u00e0 la maison de Fran\u00e7ois du Cayron, seigneur de Mandens, son oncle, o\u00f9 il mourut bient\u00f4t, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9cri\u00e9 :\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab \u2013 Je suis mort ! Ah ! Le ventre !\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Il appartint, d\u00e8s lors, \u00e0 Pierre de Pa\u00adlhasse, \u00e9cuyer, conseiller du roi, lieutenant particulier, assesseur civil et criminel en la s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e de Figeac, de mener l\u2019enqu\u00eate, de toute \u00e9vidence criminelle. Celui-ci fit venir aupr\u00e8s du mort un m\u00e9decin et un chirurgien, l\u2019un pour constater le d\u00e9c\u00e8s, l\u2019autre pour proc\u00e9der \u00e0 une autopsie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le sieur Pierre Lacaze, docteur en m\u00e9decine de son \u00e9tat civil, certifia que le sieur Fran\u00ad\u00e7ois Ger\u00admain \u00e9tait bien d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et que son corps pr\u00e9sentait une \u00e9troite et profonde blessure \u00e0 la poitrine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019autopsie du cadavre, le sieur Antoine Beau\u00adlaguet, ma\u00eetre-chirurgien, constata, quant \u00e0 lui, qu\u2019une pointe (sans doute un carrelet), avait perfor\u00e9 le poumon, entra\u00eenant une h\u00e9morragie interne mortelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><em><strong>L\u2019audition des t\u00e9moins.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>D\u00e9butant imm\u00e9diatement son enqu\u00eate, Pierre de Palhasse entreprit de faire l\u2019audition de toutes les personnes pouvant apporter des pr\u00e9cisions sur les conditions de la mort du sieur Fran\u00e7ois Ger\u00admain, honorablement connu en ville.\u2008Il s\u2019en pr\u00e9senta plusieurs.\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Antoine Alric, dit La Bouteille, 20 ans, cordonnier, apr\u00e8s avoir fait serment sur les Saints-\u00c9vangiles de dire la v\u00e9rit\u00e9, raconta que cheminant pr\u00e8s de la rivi\u00e8re, il avait aper\u00e7u le sieur chevalier Antoine Vi\u00adguier d\u2019Au\u00adglanat, fils cadet du lieutenant prin\u00adcipal en l\u2019\u00e9lection de Figeac, et un autre homme qui se tenaient l\u2019un l\u2019autre et tournaient comme si en badinant l\u2019un avait vou\u00adlu \u00f4ter quelque chose \u00e0 l\u2019autre.\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le d\u00e9posant pr\u00e9cisa encore qu\u2019il avait vu des \u00e9p\u00e9es entre les corps des deux hommes. Il lui avait sembl\u00e9 que le chevalier d\u2019Auglanat voulait \u00f4ter la sienne des mains de l\u2019autre qui la lui tenait. Repassant plus tard au m\u00eame endroit, le t\u00e9moin avait aid\u00e9 An\u00adtoine Debons \u00e0 sortir un homme (celui qu\u2019il avait pr\u00e9c\u00e9demment aper\u00e7u) de la rivi\u00e8re, lequel avait dit en soupirant : \u00ab\u2008\u2013Je suis mort ! \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Antoine Debons, dit R\u00e9ganiac, 45 ans, qui travaillait \u00e0 \u00ab tirer du sable\u00bb dans le lit du C\u00e9l\u00e9 au moment du drame, d\u00e9clara qu\u2019il avait vu un homme marcher comme s\u2019il \u00e9tait ivre avant de tomber dans la rivi\u00e8re.\u2008L\u2019homme \u00a0avait fait quelques pas puis s\u2019\u00e9tait \u00e9croul\u00e9 sur le dos.\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Louise Lalardie, 20 ans, femme du meunier Fran\u00e7ois Lacalm, d\u00e9clara qu\u2019elle avait vu passer le sieur d\u2019Auglanat et un neveu du sieur du Cayron, qui marchaient pas \u00e0 pas et allaient fort vite vers le pont du Gua.\u2008Le chevalier avait un bras sous celui de l\u2019autre, ou au-dessus, et faisait des mou\u00advements et des gestes avec l\u2019autre bras comme font bien des gens en causant.\u2008Le t\u00e9moin ajouta qu\u2019il avait, plus tard, rencontr\u00e9 le sieur d\u2019Auglanat qui fuyait.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Catherine Daynac, 45 ans, \u00e9pouse de Pierre Laprune, travail\u00adleur, d\u00e9\u00adclara que montant vers le pont du Gua elle avait rencontr\u00e9 deux hommes \u00e0 elle inconnus qui marchaient ensemble fort doucement, chacun une \u00e9p\u00e9e au c\u00f4t\u00e9.\u2008L\u2019un d\u2019eux avait pris du tabac sur la main de l\u2019autre, ainsi qu\u2019il avait sembl\u00e9 \u00e0 la d\u00e9posante, avant de se s\u00e9parer.\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>S\u2019\u00e9tant \u00e9loign\u00e9, le t\u00e9moin avait vu ensuite l\u2019un des deux hommes, seul sur le chemin, faire quelques pas en chancelant avant de tomber \u00e0 terre. Celui-ci s\u2019\u00e9tait relev\u00e9, avait encore chancel\u00e9 sur le bord de la rivi\u00e8re, dans laquelle il \u00e9tait finalement tomb\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Guillaume Belnez\u00e9, 53 ans, procureur \u00e8s Cour Royale, d\u00e9clara que se promenant il avait rencontr\u00e9 le chevalier d\u2019Au\u00adglanat et le d\u00e9funt Germain ayant chacun son \u00e9p\u00e9e au c\u00f4t\u00e9 et marchant ensemble dans le chemin comme s\u2019ils avaient promen\u00e9, et ne paraissant point du tout \u00e9mus ni avoir aucune dispute.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Fran\u00e7ois Cantaloube, 52 ans, voiturier, d\u00e9clara qu\u2019il avait vu La Bouteille et Re\u00adganiac soutenant un homme habill\u00e9 d\u2019un justaucorps couleur de caf\u00e9 et d\u2019une veste rouge, qui avait grand peine \u00e0 marcher, qu\u2019il avait pris pour un homme ivre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u2022 Bertrand Agrech, 20 ans, remplissant un office de valet pr\u00e9cisa qu\u2019il avait vu deux hommes qu\u2019il ne connaissait pas, qui avaient chacun une \u00e9p\u00e9e nue \u00e0 la main, et qui se donnaient quelques mouvements ; qu\u2019un instant apr\u00e8s, un de ces deux hommes ramassa son chapeau qui \u00e9tait \u00e0 terre, le remit sur sa t\u00eate et fit quinze pas vers le pont du Gua ; qu\u2019apr\u00e8s cela, il rebroussa et s\u2019en fut vers l\u2019autre homme qui ne marchait pas ; enfin que tous deux partirent de l\u00e0 et march\u00e8rent ensemble, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 l\u2019un de l\u2019autre assez doucement.\u2008Le d\u00e9posant ne savait rien de plus\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>D\u00e9pos\u00e8rent encore Pierre Combes, travailleur ; Jean Gibrat, valet ; Anne Bar\u00adbier, \u00e9pouse de Jean Bau dit Clapou ; et surtout Marie Aymar, veuve de Jean Ganer, qui ayant crois\u00e9 le sieur d\u2019Au\u00adglanat, son \u00e9p\u00e9e sous le bras, lui avait dit \u00a0\u00ab \u2014 Vous marchez bien vite ! \u00bb. \u00ab \u2014 Oui, un peu\u2026 \u00bb avait r\u00e9pondu le jeune homme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong><em>La sentence.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>L\u2019audition des t\u00e9moins du drame \u00e9tant termin\u00e9e, Pierre de Palhasse ne pouvait que conclure au \u00ab meurtre \u00bb. Noble Gilles de Palhasse, conseiller et avocat du roi, agissant en qualit\u00e9 de procureur du roi, ordonna donc, d\u00e8s le 8 novem\u00adbre, l\u2019arrestation de Noble An\u00adtoine de Vi\u00adguier d\u2019Augla\u00adnat pour \u00eatre conduit sous bonne et s\u00fbre garde dans les prisons de Figeac, ceci dans l\u2019attente d\u2019\u00eatre ou\u00ef et interrog\u00e9 sur les faits.<\/strong>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Il n\u2019y eut, toutefois, point d\u2019arrestation. Mais dans son jugement, rendu par contumace le 8 f\u00e9vrier 1827, la Chambre du Conseil de Figeac con\u00addamna No\u00adble Antoine de Viguier d\u2019Auglanat, auteur du meurtre, \u00e0 avoir la t\u00eate tranch\u00e9e par l\u2019ex\u00e9cuteur de la Haute Justice, sur un \u00e9chafaud qui sera dress\u00e9 en la place haute de la ville, ce qui sera ex\u00e9cut\u00e9 par effigie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>L\u2019ex\u00e9cution eut bien lieu comme pr\u00e9vu ; ce fut un mannequin qui eut la t\u00eate tranch\u00e9e\u2026 Quant au sieur d\u2019Auglanat, en fuite, il semble avoir coul\u00e9 des jours heureux. On le retrouve en effet, en 1741, lieutenant d\u2019infanterieo; en 1752, chevalier de Saint-Louis ; en 1765, enfin comme t\u00e9moin au mariage d\u2019une ni\u00e8ce.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>A la question : \u00ab \u2014 Pourquoi ce duel ? \u00bb les magistrats figeacois n\u2019avaient pu apporter de r\u00e9ponse. Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 possible, depuis le proc\u00e8s, d\u2019en trouver une.\u2008On subodore donc une sombre affaire de famille et de paternit\u00e9 hors mariage impliquant une s\u0153ur du coupable\u2026\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"472\" height=\"473\" src=\"https:\/\/figeac-en-quercy.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Sceau_Consuls.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-76\" style=\"width:165px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Sceau_Consuls.jpg 472w, https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Sceau_Consuls-300x300.jpg 300w, https:\/\/figeac.net\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Sceau_Consuls-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px\" \/><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c7a c&rsquo;est pass\u00e9 \u00e0 Figeac Extrait de l&rsquo;ouvrage \u00ab Les Chroniques du Quercy \u00bb de Guy Chassagnard : LE CINQUI\u00c8ME\u2008JOUR de novembre 1726, vers quatre heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, fut trouv\u00e9 dans le lit du C\u00e9l\u00e9 Fran\u00e7ois Germain, natif de Villeneuve en Rouergue, servant en qualit\u00e9 de volontaire dans le r\u00e9giment de cavalerie de Montrevel.\u2008 Relev\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_kad_post_transparent":"","_kad_post_title":"","_kad_post_layout":"","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"","_kad_post_vertical_padding":"","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"footnotes":""},"class_list":["post-106","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=106"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/106\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":109,"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/106\/revisions\/109"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/figeac.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}